Rencontre avec Thierry Lavalley


Thierry Lavalley, président de la Société des Hôteliers de Genève et directeur du Grand Hotel Kempinski, nous reçoit dans le somptueux FloorTwo Lounge de son hôtel. C’est avec passion et conviction qu’il nous parle de son métier, des challenges pour l’hôtellerie de demain, mais aussi de ses attentes pour La Nuit de l’Hôtellerie. Rencontre.

Monsieur Lavalley, parlez-nous de la Société des Hôteliers de Genève, dont vous êtes Président.

Chaque canton en Suisse a sa propre association cantonale et l’organisme faîtier Hôtellerie Suisse, basé à Berne, regroupe l’hôtellerie au niveau national. A Genève, c’est la Société des Hôteliers Genevois qui regroupe la majeure partie des hôtels de Genève, dont tous les 3, 4 et 5 étoiles. C’est une association avec des statuts, défendant les intérêts de l’hôtellerie genevoise et dont l’ambition est d’une part, de développer avec les autorités les nuitées en ville de Genève, et d’autre part que l’association soit reconnue comme une priorité économique par nos autorités.

Quels sont les changements survenus dans le monde de l’hôtellerie durant ces dernières années ?

Aujourd’hui, l’hôtellerie se positionne davantage sur le software que sur le hardware. Qu’est-ce que ça veut dire ? Le hardware, c’est ce que représente un hôtel en tant qu’établissement, au niveau de ses chambres, de ses restaurants. Le software, c’est comment l’établissement se positionne au niveau de l’expérience qu’il fait vivre à ses clients. Il y a 10 ou même 20 ans en arrière, le hardware était beaucoup plus important que le software. De nos jours, et c’est à mon avis le changement majeur, c’est que l’expérience en tant que telle est devenue beaucoup plus importante.

Aujourd’hui on va se souvenir beaucoup plus facilement d’une belle expérience qu’on aura vécu dans un hôtel, plutôt que de la TV à écran plat dans la chambre ou du Kingsize Bed. Ce sont des éléments qui sont devenus complètement standards et dont plus personne ne parle. Ces infrastructures sont évidemment importantes, mais elles ne sont plus considérées comme une valeur ajoutée dans notre métier. C’est quelque chose qui est tombé dans le domaine du banal et qui a été remplacé et sublimé par ce qu’on appelle aujourd’hui l’expérience hôtelière: le software.

Pour la valeur ajoutée, c’est la manière dont nous sommes capables de faire vivre la meilleure expérience possible à nos clients. Et je dis toujours à mes collaborateurs qu’il y a pour ça une seule recette, et on ne l’apprend pas forcément dans les écoles hôtelières. C’est la recette de l’attitude et du comportement. Pour faire vivre une belle expérience hôtelière à un client, il faut trouver la clé de la meilleure attitude et du meilleur comportement. Et cette clé repose sur 7 piliers, à savoir: la gentillesse, la chaleur humaine, le sourire, la disponibilité, la patience, l’amour du travail bien fait et l’honnêteté. Voilà la révolution hôtelière depuis ces dix dernières années.

Et comment voyez-vous l’évolution de l’hôtellerie en Suisse pour les prochaines années ?

L’hôtellerie est un métier où on va de plus en plus consommer. Aujourd’hui, tout est devenu éphémère, les clients ont besoin de renouveau. En plus des 7 piliers cités précédemment nécessaires pour proposer une véritable expérience, nous devons être capables de nous démultiplier, proposer de plus en plus de concepts et avoir une offre extrêmement variée. Ce qui compte, c’est de pouvoir surprendre nos clients, en faisant preuve de créativité et d’imagination en permanence, en travaillant sur des concept d’une durée de vie limitée. Et c’est exactement ce que nous faisons.

En quoi la Nuit de l’Hôtellerie est-elle un concept innovant pour l’hôtellerie et les genevois ?

Tout ce qui vise à apporter de l’animation à Genève est une bonne chose. Créer un concept pour permettre aux genevois de visiter leurs hôtels l’espace d’un weekend, crée un buzz qui fait parler de nous, montrer que nous sommes une ville en mouvement: je suis pour !

En tant que président de la Société des Hôteliers de Genève, j’ai toujours revendiqué que nous avions une ville qui bouge, qui est animée et qui amène régulièrement de nouveaux concepts. Et La Nuit de l’Hôtellerie répond bien à cette image que je souhaite donner de Genève.

Pourquoi faut-il absolument découvrir le Grand Hotel Kempinski lors de la Nuit de l’Hôtellerie ?